Le Chêne et le Roseau

Publié le par Un vieil homme et sa plume

Le baraqué et le freluquet

Le baraqué et le freluquet

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Depuis des années, Ils vivent, très proches l’un de l’autre, séparés par quelques dizaines de mètres, ils s’observent mais ne se sont jamais parlés. La différence de classe était trop grande, Le Chêne fait partie de l’aristocratie, le Roseau de classe moyenne.

Jean de la Fontaine désabusé par ce qu’il voit à la cour du roi Louis XIV, publie en 1668 « le chêne et le roseau », Grand observateur il constate que le Roi soleil détient entre ses mains le pouvoir absolue. L’aristocratie courbe la tête, les basses classes sont corvéables à merci

Pour montrer cette injustice, il se sert de deux végétaux bien différents qu’il a observé lors de ses promenades en forêt ou le long des ruisseaux. Le Chêne et le Roseau. Il connait bien la majesté du chêne, se ramure imposante, sur les quelles viennent se poser des oiseaux qui lui ressemble Le vaniteux corbeau freux, l’orgueilleux ramier et la nuit le Pic vert qui vient le taquiner. 

En face il décrit le Roseau comme un simple fétu de paille bordant les rivières, à peine enraciné, chancelant au moindre vent, faible, humble incapable de se défendre. Mais Jean connait aussi ses qualités d’adaptions, sa simplicité et son humilité C’est ce qu’ il démontre dans cette fable pour mieux photographier la société de son époque

Apres les avoir bien observés La Fontaine les fait entrer en conversation

  1. "Vous avez bien sujet d'accuser la Nature ;
  2. Un Roitelet pour vous est un pesant fardeau
  3. Le moindre vent, qui d'aventure
  4. Fait rider la face de l'eau,
  5. Vous oblige à baisser la tête

Le chêne se moque du Roseau avec mépris. La nature ne vous a pas gâté mon petit ! Comment fais-tu, toi qui n’es pas plus épais qu’un fétu de paille pour résister, quand les temps sont mauvais.

Un simple « roitelet pour vous est un pesant t fardeau.

Cest simple dit le roseau je plis, je me laisse aller, j’attends que cela se passe

Le beau temps revenu je me redresse, mon ami le roitelet, vient me voir à nouveau et me délivre des pucerons qui me rongent. Je suis content de sors.

Et le Chêne de se gonfler d’orgueil et de vanité lui réplique 

  1. Cependant que mon front, au Caucase pareil,
  2.  Non content d'arrêter les rayons du soleil,
  3.  Brave l'effort de la tempête.
  4.  Tout vous est Aquilon, tout me semble Zéphyr
  5. Encor si vous naissiez à l'abri du feuillage
  6. Dont je couvre le voisinage,
  7.  Vous n'auriez pas tant à souffrir
  8. Je vous défendrais de l'orage
  9. Mais vous naissez le plus souvent
  10. Sur les humides bords des Royaumes du vent.
  11. La nature envers vous me semble bien injuste

Avant de redonner la parole à nos deux interlocuteurs

Je suis éblouît par ce verset « tout vous est aquilon, tout me semble zéphyr » Aquilon est un vent du nord très violent contrairement au zéphyr qui est un vent plus doux venant de l’ouest. Autrement dit le chêne se prend pour Jupiter et résiste à toutes les forces de la nature Tandis que le Roseau au moindre souffle courbe l’échine, se plie 

Le roseau réplique,

  1. Votre compassion, lui répondit l'Arbuste,
  2. Part d'un bon naturel ; mais quittez ce souci.
  3. Les vents me sont moins qu'à vous redoutables.
  4. Je plie, et ne romps pas. Vous avez jusqu'ici
  5. Contre leurs coups épouvantables
  6. Résisté sans courber le dos ;
  7. Mais attendons la fin. "Comme il disait ces mots,

tu me prends pourquoi vieux bougre, Je sais, je ne suis qu’une petite herbe fragile, mais je suis toujours là pour t’observer vieil orgueilleux ? Fait attention à tes plumes, tu oublies que tu es mortel comme tous les êtres vivants

Le Chêne ne se doute pas qu’il lui reste que quelques heures à vivre.

  1. Du bout de l'horizon accourt avec furie
  2. Le plus terrible des enfants
  3. Que le Nord eût portés jusque-là dans ses flancs.
  4. L'Arbre tient bon ; le Roseau plie.
  5. Le vent redouble ses efforts,
  6. Et fait si bien qu'il déracine
  7. Celui de qui la tête au Ciel était voisine
  8. Et dont les pieds touchaient à l'Empire des Morts.

Le temps se gâte, l’horizon s’obscurcit, les nuages s’amoncellent, la pluie devient battante. Aquilon redouble d’effort, le chêne résiste, le roseau plie. Le chêne s’inquiète, il n’avait jamais vu temps pareil. Le roseau se laisse porter, courbe l’échine, attend que cela se passe   Soudain un coup de vent terrible fait vaciller de chêne le tronc par terre, les racines en l’air. Le bucheron viendra le mettre en tranche et le menuisier en fera des meubles. Pendant ce temps le roseau aura tout son temps pour méditer. Mon voisin avait oublié qu’ il était mortel, sure de sa force sa force et sa robustesse 

Hier n’est pas aujourd’hui, Jean de la Fontaine traduit le ressentiment d’une époque où le fort domine le faible, par sa puissance et son orgueil, ou le faible nous enseigne certaines qualités, l’humilité, la sagesse et la flexibilité.

Qu’en est-il aujourd’hui ? l’humeur des humains n’a pas changé. L’orgueil, l’avidité du pouvoir et des honneurs, la vanité persiste, mais lorsqu’elles sont trop marquantes, elles sont violemment contestées.  

Il en va de même de la fragilité de l’humilité, de la flexibilité et de la sagesse, il faut en avoir, sans pourtant être perclus de naïveté.

Depuis la révolution française, le peuple est plus éduqué, plus instruit, moins enclin à la servitude, se montre avec juste raison, plus revendicatif quand on veut l’exploiter. Il n’accepte plus l’humiliation préfèrent la fragilité, la sagesse, la flexibilité à la rigidité. Le peuple en a marre des lignes rouges, des blocages à répétitions, des postures. Il n’aime pas les mensonges face aux évidences  

Un auteur dont je n’ai pas retenu le nom notait ; « Quelle que soit l’interprétation retenue, « Le Chêne et le Roseau » reste une fable intemporelle qui continue de nous enseigner des leçons de vie importantes ».

 

 

 

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