La Haute Savoie - Annecy

Publié le par Un vieil homme et sa plume

Aujourd'hui tourisme. Hier pauvreté.

Aujourd'hui tourisme. Hier pauvreté.

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La haute Savoie-Annecy

Me voici dans une nouvelle région, la Haute Savoie, indiqué dans le titre de ce blog, j’y suis tout bonnement venu pour être près de ma fille et de sa famille. Auparavant, j’ai vécu près de 50 ans dans le Val de Marne et bien avant dans la ferme de mes parents dans le Saint-Quentinois

 J’apprends à connaitre son environnement avec son lac et ses montagnes, la mentalité de ses habitants. Je souhaite partager avec vous, les Vermandois, (Saint-Quentinois) mes observations ..

Une chanson met revenu en mémoire, la chanson du petit ramoneur, que me chanter ma mère quand j’étais enfant, chanson triste et nostalgique de gamins, de 11 à 15 ans, qui quittaient leur famille pour aller ramoner les cheminées des bourgeois de Lyon, de Paris et quelques fois plus au nord

Oh toi petiot savoyard tu quittes avant l’hiver tes montagnes tes moutons et tes vaches pour partir à Lyon descendre à Paris et parfois plus au Nord   pour ramoner les cheminées des bourgeois Il fallait que tu sois mince comme un ver de terre. Et après la campagne tu n’étais par sur de rentrer à la maison

  • Sur une cheminée
  • Un petit ramoneur
  • Travaille avec ardeur
  • Pour ne pas avoir peur
  • C’est haut, Un petit ramoneur
  • Une cheminée
  • Il chante de tout son cœur
  • Le chant des ramoneurs :

C’est avec ces images oubliées, d’un autre temps ; difficile à imaginer, que me voici en Haute Savoie près d’Annecy, avec son lac et ses montagnes qui attirent chaque année de milliers de touristes

Pour mes amis Vermandois, le département de Haute Savoie compte 279 communes, dont Annecy le Vieux ou j’ai posé mes valises 17 cantons et 4 arrondissements avec une population de 835 206 habitants, s'étend sur 4 388 km² et a une densité de 190 habitants par km²

Le mont blanc, le lac d’Annecy et les vieilles rues médiévales sont les attractions les plus connues dans le monde. Le mont blanc cumine à 4806 mètres, est le plus haut sommet de France et d’Europe occidentale, Une petite rivière, le Thiou traverse la ville et les vieilles rues racontent un peu l’histoire. Les touristes viennent de partout même de Chine.

La région est une zone sismique de faible magnitude entre 2 et 4 sur l’échelle de Richter. Le plus important tremblement de terre a eu lieu dans le bassin annecien en 1996 magnitude 5, ni victimes ni dégâts.

Coté mangeaille, le reblochon est un fromage très apprécié des amateurs, un fromage au lait cru et entier de vaches montagnardes, de race Abondance, Montbéliarde ou Tarine, nourries d’herbe en été et de foin en hiver. Pour le choix, un bon Reblochon doit avoir une croûte légèrement orangée ou ivoire avec une texture souple au toucher. Et puis, il faut se laisser guider par son odorat Bien qu’on en fasse toute une histoire, ce n’est pas un fromage qui put, comme notre excellent Maroilles de la Thiérache, ni un fromage aussi connu que le camembert. Cependant avec le reblochon, les gouteux pourront apprécier les tartiflettes savoyardes. C’est une pate excellente mais très calorique pour un petit Gas comme moi ?

Et puis il y a le célèbre hôtel 4 étoiles "l’Imperial palace" qui a ouvert ses portes le 15 juillet 1913 à la veille de la première guerre mondiale. Sa façade donne sur un parc magnifique avec des massifs fleuris et quelques arbres plus que centenaire et vue sur le Lac. J’y suis entrée une seule fois dans ce gigantesque immeuble ou le luxe est partout et les machines à sous bien visibles. Il y avait là, quelques dandys mais surtout des vieilles dames retraitées au chapeau vert Pourquoi vert, parce que c’est original. C’est un endroit mondain qui a vu trainé dans ses murs des célébrités Tel que Liz Taylor, Sacha Guitry et plus recommuent, les Chirac pour ne nommer que ceux-ci

Terminons cet article par une petite histoire raconté par le directeur de l’Epoque à propos de Margaret Thatcher ancienne ministre britannique.

« Elle était à l’hôtel pour écrire ses Mémoires. Un jour, elle m’appelle pour me demander de lui organiser un vol en avion pour voir les Alpes. Je l’ai accompagnée à l’aéroport, avec son mari et son garde du corps. Au moment où j’allais la quitter, elle me dit :« Où allez-vous ? Vous venez avec nous. Ainsi, je suis sûre que l’avion est "safe"Nous avons fait le tour du Cervin. En rentrant, nous avons atterri en pleine préparation d’un "air show" d’anciens avions de combat de la Royal Air Force. Les pilotes anglais l’ont reconnue. Nous nous sommes joints pour boire des bières avec eux dans la tente de fête. Elle était adorable. »

Quant aux Hauts savoyards, ils ont l’esprit plus ouverts que ce que l’on dit ! Mes voisins de de palier sont causants, ma maraichère âgée de 77 ans n’hésite pas à me parler de ses petits-enfants et mon marchand de journaux de m’offrir un café de temps à autres.   

Tous les ans, le carnaval d’Annecy, surnommé la Venise de Alpes attirent des milliers de touristes et d’amateurs de bizarreries vestimentaires en cachant leur visage d’un masque multicolore. Son histoire est récente, c’est en 1996 suite à un jumelage avec Vicenza (ville de 120 000 h) près de Venise, que ce carnaval est devenu, le carnaval le plus fantaisiste et le plus coloré de France.  Certes ce n’est pas le carnaval de Rio mais, il a du caractère, puisque les carnavaleux viennent d’Italie, de France de suisse et d’ailleurs. En 2022, me jetant dans le bain, si je puis dire, que j’en ai saisi l’atmosphère, silence, déambulation, secret, mystère des participants cachés derrière leur masque 

Si vous avez envie de vous déguiser ou tout simplement être spectateur. En 2025, le carnaval se déroulera du vendredi au dimanche 9 mars

Le programme de cette année 2025

Durant tout le week-end, du vendredi au dimanche, des masques déambuleront dans les rues d’Annecy. Voici les moments clés à ne pas rater : Promenade au crépuscule le vendredi soir avec un défilé lumineux.

  • Déambulation libre le samedi et le dimanche, de 10h à 18h, à travers les sites emblématiques d’Annecy : la vieille ville, les canaux, les ponts, les monuments, le lac et les Jardins de l’Europe.
  • Samedi et dimanche à 14h, les masques se présenteront sur un podium sonorisé face au lac.
  • De plus, des conférences et des projections de films sont généralement organisées la semaine précédant le carnaval. Le programme complet n’est pas encore disponible, mais nous vous tiendrons informés dès que les détails seront publiés.

 Pour les touristes et amoureux de ce genre de spectacle, certains hôtels sont à des prix abordables

P. Guichonnet "Les petits ramoneurs savoyards"

          Comme le petit ramoneur, nous avions eu dans le nord le petit mineur qui descendait dès l’âge de 13 ans dans la mine. Nous avons du mal à imaginer nous humains du XXI siècles la dureté du travail des travailleurs et surtout des enfants au XIXème socles qui décédaient bien souvent avant 55 ans.  A présent laissons conduire par l’article de cet auteur : P. Guichonnet.  Qui mérite notre attention.

« Jusque dans les années 1860, c'est le ramonage manuel qui est la règle. La petite taille de l'enfant lui permet de grimper dans les conduits de fumée. L'équipement est sommaire : un bonnet de laine rouge, bien vite noirci, une méchante veste, aux coudes renforcé de cuir, des pantalons munis d'une culottière et de genouillères, également en cuir. Comme outil, une raclette de fer, et, sur le dos, une petite échelle.

Après avoir tiré à fond son bonnet sur le visage, pour s'en servir comme d'une cagoule protectrice, l'enfant montait, par son échelle, dans la suspense, la partie évasée du bas, puis s'engageait dans le canon de la cheminée. Se maintenant, par la double pression de ses genoux et des semelles de ses sabots contre les deux côtés du conduit rectangulaire, il s'élevait lentement, détachant devant lui la suie adhérente et grasse, déposée par la fumée du bois ou des "mottes" de tourbe.

Il émergeait sur le toit, respirait à pleins poumons et lançait sa chanson qui attirait l'attention des passants.
En descendant, le ramoneur râclait la face négligée, puis ramassait, dans des sacs, la suie qui était vendue aux paysans comme engrais. Chaque enfant pouvait ainsi visiter de vingt à trente cheminées, dans une longue et pénible journée. Il avait les coudes et les genoux écorchés, les membres rompus de fatigue, les yeux, le nez et la bouche pleins d'une suie âcre, ce qui justifiait bien le couplet de sa chanson :

"A boire, à boire au petit ramoneur. Qui a tant la bouche amère".

Les ramoneurs sont liés par un contrat à un maître-ramoneurs, souvent ancien ramoneur lui-même et à qui il doivent une obéissance absolue. Même après la construction des chemins de fer on voyage à pied, en suivant des itinéraires traditionnels L'allégresse fait bien vite place à la lassitude. Les anciens en tête règlent la marche des enfants qui, en plus de leur attirail, portent, très souvent, un ballot de marchandises que leur maître vendra en France. 

Ils cheminent, nu-pieds, sur l'herbe des bas-côtés, pour économiser leurs chaussures. La longueur des étapes est stupéfiante : des garçonnets d'une dizaine d'années abattent couramment 40 à 50 kilomètres par jour, pour atteindre, au plus vite, leur région de travail.

Les enfants ramonent pendant 14 à 15 heures par jour et ils sont souvent contraints de travailler la nuit et le dimanche. Ce jour-là, il arrive que le patron vende à son employé, pour vingt sous, le droit d'aller à la messe. Le repos dominical est consacré à un peu de toilette car "tous ces maîtres couvrent les enfants de sordides haillons". Un unique avantage de la suie : elle éloigne les poux et autres parasites.
Mais la grande occupation des rares loisirs est la quête des aumônes, car "dans les campagnes comme dans les cités, la mendicité de l'enfant sert à nourrir le maître et à le vêtir".
"La nuit venue, les petits sous sont comptés et déposés dans la grosse bourse du patron…
Le pécule de la journée n'est-il pas trouvé assez abondant ? On les maltraite et leur inflige des punitions barbares. On en a même vu dont l'existence a été abrégée par les corrections qu'ils ont reçues. Le métier est dangereux car il arrive que l'enfant soit bloqué par un étranglement du conduit ou qu'il dégringole, en se cassant un membre ou ressorte rempli de contusions. Son arrivée inopinée dans la chambre d'une jeune demoiselle est un sujet de grosses plaisanteries. »

Sébastien Mercier écrit : »

« qu'il "est bien cruel de voir un pauvre enfant de huit ans, les yeux bandés et la tête couverte d'un sac, monter des genoux et du dos dans une cheminée étroite et haute de cinquante pieds ; ne pouvoir respirer qu'au sommet périlleux, redescendre, comme il est monté, au risque de se rompre le col, pour peu que la vétusté du plâtre forme vide sous son frêle point d'appui; et la bouche remplie de suie, étouffant presque, les paupières chargées, vous demander cinq sols pour prix de son danger et de ses peines". La grande poussée urbaine du Second Empire et surtout à Paris, les nouvelles constructions de l'époque d'Haussmann modifient les conditions du ramonage. Les cheminées des hauts immeubles sont d'étroits conduits circulaires, de briques ou de ciment, qui ne permettent plus aux enfants de monter à l'intérieur. Elles sont nettoyées par le haut, en y passant, au bout d'une corde, le hérisson. »

 

 

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