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Les mots
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Le mot m’a rendu amoureux des mots, je suis encore à me demander comment cela est arrivé Faible en primaire, guère plus intéressé dans une institution privée, sixième classique et allergique au latin, je redouble avant d’être transféré en cinquième moderne. Pris en mains par le prof de math, je commence à m’intéresser aux mots c’est encore bizarre de s’intéresser aux mots plutôt qu’aux chiffres. Mon certificat d’étude en poche je passe par une école d’agriculture. En fin de deuxième année, Le directeur conseille à mes parents de stopper ma scolarité et de travailler à la ferme J’ai alors 16 ans
Mis à la fourche, sans brutalité, mais avec fermeté par mon père qui était un bosseur. Confronté aux ouvriers je me suis mis à travailler comme un dingue certainement par orgueil, manier la fourche, je deviens un expert pour porter des sacs de céréales de 80 kg sur le dos et les monter au grenier, conduire une attelé de chevaux. C’est ainsi que je fus respecté et les mots dans tout cela quasiment rien, si quand même le journal auquel mon père était abonné. J’suis devenu accroc d’un journal jusqu’ à ce jour. En revanche, l’imagination était fertile pour filer le samedi et le dimanche aux fêtes de village et observer les accordéonistes, les danseurs et les filles.
En mai 1954 je débarque à Compiègne pour effectuer mon service militaire. Je fus comme un poussin qui a cassé sa coquille et qui porta un regard étonné autour de lui. Galonné à petit niveau, je deviens instructeur des nouvelles recrues et prends la place d’un grand chef parti en Algérie. J’ai dû rentrer dans le dur pour écrire et chercher mes mots.
De retour à la ferme, je la quitte pour péleriner quelques années avant de me retrouver à Paris dans une Assedic pour une durée déterminée c’était en février 1967 j’y ferai toute ma carrière. Lorsque je prends du galon, je me coltinerai aux mots pour trouver les bons mots et me faire comprendre des patriciens.
Le premier mot qui m’a interloqué, c’est le mot psychanalyste, Un mot peu courant pour ne pas dire inexistant dans le monde paysan. Je me suis mis à le décortiquer avec dictionnaires et livres pour le dire plus crument, je l’ai rongé jusqu’à l’os, pour en extraire la moelle. Depuis quand je tombe sur un mot craquant je fais toujours de même, je le ronge.
Arrive Mai 1968 Je suis à l’affut de tout ce qui se dit et voilà que le 19 mai, De gaulle dans un de ses discours déclare : « la réforme ou la chienlit » Chienlit » résonne à mes oreilles C’est quoi ce mot ! Je prends mon dictionnaire Désordre, pagaille ? Familièrement disons : "c’est le merdier".
En 2019 dans une affaire merdeuse Chirac réplique, c’est « "abracadabrantesque" cette histoire ». signifie choses incroyables, surprenantes, fantaisistes ? Disons : c’est encore le merdier. !
Retraité, j’ai rédigé des petits fascicules pour ma famille en recherchant les mots les plus appropriés. Je me lié d’amitié avec un personnage capable de réciter par cœur une trentaine de fables de Jean de la Fontaine, il se faisait un malin plaisir de m’en reciter une, lors de nos rencontres. Les mots percutaient mes oreilles. J’avais bien appris le corbeau et le renard en primaire, mais piqué au vif, je lis et relis les principales fables de Jean, "un héron au long bec emmanché d’un long cou" belle description, bien dit en quelques mots.
Au fond, j’ai toujours aimé les mots et j’ai toujours eu cette intuition que les mots ont beaucoup plus de force que les fourches, les mots seraient comme des bonbons, ils peuvent tuer, empoisonner ou au contraire soulager encourager. « Les mots ont un pouvoir magique. Ils peuvent apporter le plus grand bonheur ou le plus profond désespoir
Ils peuvent transférer des connaissances d’une personne à l’autre. Les mots permettent d’influencer un auditoire et de dicter des décisions Sigmund FREUD.
Si je suis à l’aise avec les mots pour écrire, il n’en va de même pour l’orale, les mots peuvent parfois me manquer, me faire bafouiller les mots peuvent blesser sans s’en rendre compte. L’orale s’apprends, trop tard à mon âge, toujours temps pour les jeunes.
Alors ! vous vous demandez pourquoi ce petit préambule. Elle est bizarre cette plume Elle tient à parler de mots et nous raconte sa vie C’est à cause de la télé. Un quidam politique nommé Manuel est l’invité de France Inter, il vient d’être nommé ministre de l’Outremer Il raconte son parcours politique puis des Quidam l’interrogent par téléphone.
Un quidam nommé Jean Noël n’y va pas par quatre chemins pour poser sa question » « Vous êtes pire qu’un étron » L’espressione est cinglante je n’en revient pas : un étron ce mot m’éberlue, me fait sursauter, je n’avais jamais entendu cette expression : «ce type est un étron. » Comme quoi on en apprend tous les jours. Qu il se rassure Manuel, une dame a déjà pris un étron sur la tête en 2012 !
Un étron ! Il y a bien longtemps que j’avais oublié ce mot "étron," Ma mère me disait souvent, quand je sortais dans la cour de ferme, fais attention aux étrons. Ça colle aux chaussures et c’est difficile à nettoyer, surtout fait attention aux étrons !
Recevoir un étron en pleine figue c’est merdique ! Il m’est arrivé dans la vie courante de recevoir un étron d’étourneau sur la tête, je me disais : "c’est la nature" tout en me débarrassant de cette merde. Mais là !
Pour avoir les idées plus claires et le sens exact d’un étron, j’ai consulté mes deux dictionnaires. Mon vieux Larousse de 1931, à peine une ligne : matière fécale consistante, rien de plus. Mon Larousse de 2023, guère plus, matière fécale, bien moulé, excrément.
Alors je consulte les synonymes de ces cinq lettres, bouse, merde, crotte ; excrément. Mais pas caca-caca, c’est enfantin. Quel est donc les raisons du quidam, Jean Noël d’avoir choisi ce mot de merde pour le lancer au visage de notre quidam manuel.
Pour en savoir plus j’ai consulté internet, voici ce qui est écrit !
« Je voudrais dire à Monsieur Manuel qu’il a participé sous Hollande à la destruction de la gauche, qu’il a trahi le PS et son candidat Benoît Hamon, qu’il s’est exilé en Espagne et s’est fait jeter. Qu’il a cherché à se rallier à Macron. »
Et Jean-Noël, énervé, de poursuivre, d’un ton glaçant : "Vous devriez avoir honte. Vous êtes le pire des traîtres, Monsieur Valls. Toute la France a honte de votre comportement. Vous êtes pire qu’un étron".
C’est une sortie vacharde, c’est une insulte qui a conduit le journaliste à rappeler que "les insultes n’ont pas leur place sur cette antenne" Point barre ! Ce qui m’a frappé, ce n’est pas l’insulte en elle- même que, je trouve déplacée, c’est le mot "étron" que j’avais totalement oublié et le sens que lui a donné Jean Noël m’a interloqué. Pour laver cet étron ou plutôt cet affront. Je conseille au Quidam Manuel qui a le cuir dur, d’éviter les médias et les postures, de bosser, d’agir pour nos compatriotes d’Outre-mer, en particulier ceux de Mayotte qui en ont grand besoin, afin de laver cette merde collante, gluante, cet "étron" qu’il a pris en pleine figure.
Mes chers "Etrons" oh ! Pardon, mes chers lecteurs je vous souhaite une bonne année 2025. Que vos souhaits et désirs se réalisent.
Nota :
18 lecteurs ont été prévenus directement par Tél où par Sms de la création de ce blog. Je n’ai pas tenu à le poster sur Facebook, ni sur X, ou autre plateforme. On peut le trouver sur Google, il suffit de taper : « un Vermandois en Haute Savoie.» J’ai préféré qu’il se répande par "bouche à oreille". Si mes articles vous intéressent ! Alors n’hésitez pas à en parler autour de vous, et en particulier auprès des jeunes. Merci.
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